De par les trajectoires des avions survolant à basse altitude
(moins de 1 000 mètres) les zones urbaines denses d'Ile-de-France,
en particulier du Val d'Oise, peuplées de plusieurs centaines
de milliers d'habitants, certaines villes comme Sarcelles ou
surtout Villiers-le-Bel, Gonesse et Goussainville se
trouvent particulièrement exposées aux nuisances acoustiques.
Le Plan d'exposition au bruit
L'aéroport est concerné par
un Plan d'exposition au bruit (PEB) datant de 1989
et destiné à éviter l'accroissement de la population qui serait
soumise aux nuisances du bruit aéroportuaire.
Il a été révisé par un arrêté interpréfectoral du 3 avril 2007,
malgré la large opposition des populations, communes et associations
concernées, mais avec un avis favorable de la commission d'enquête.
Les hypothèses du PEB sont bâties sur une croissance du trafic atteignant 680 000
mouvements par an d'ici 2025, mais une croissance modérée du bruit, compte tenu des
améliorations techniques de la motorisation aéronautique et des procédures
d'approche et d'atterrissage.
Compte tenu de ces hypothèses et des modifications réglementaires,
le nouveau PEB s'applique à 127 communes d'Île-de-France, au lieu
de 55 dans le PEB de 1989
(6 communes, concernées par le projet de 5e
piste (Nord-Sud), prévu en 1989 mais abandonné depuis, ne sont plus
concernées par le PEB), et limite ou interdit l'urbanisation sur 22 339
hectares au lieu de 14 555 selon le PEB de 1989. À cela, il faut
rajouter 31 313 hectares classés désormais en zone D, où les constructions
neuves sont autorisées, mais soumises à des obligations d'isolation
acoustique renforcées. Globalement, les auteurs du document estiment
que 172 320 habitants habitent dans les secteurs soumis à l'interdiction
ou à la limitation des possibilités de construire.
Le Plan de Gêne Sonore (PGS)
L'arrêté du 12 juillet 2004 a approuvé la révision du PGS : la limite
de la zone I a été fixée à Lden 70, celle de la zone II à Lden 65 et
celle de la zone III à Lden 55. Le plan englobe 63 257 logements.
Pour télécharger le PGS de l'aéroport
L'actualité en Commission Consultative de l'Environnement
(CCE)
Relèvement des altitudes d’interception des ILS
Le secrétaire d’État à l’Écologie et le secrétaire d’État chargé
des Transports ont annoncé, lors d’une conférence de presse le 4 décembre 2007,
le lancement de plusieurs projets de relèvement des points de descente finale des
flux de trafic des trois principales plateformes parisiennes. Ces modifications
entraînent automatiquement le recul de ces points de descente finale.
Pour concrétiser ces différents projets, le ministre d’État de l’Écologie,
de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire
a signé le 28 janvier 2008 une convention avec les principaux acteurs du transport
aérien français. L’un de ces engagements a pour objet la diminution des
nuisances sonores autour des aéroports parisiens.
Traitement des demandes d’informations
générales et des réclamations sur la région parisienne
La présentation en CCE des statistiques relatives aux demandes d’informations
générales ou aux plaintes par type de support utilisé, par motif, lieu géographique,
catégorie de plaignants, telle que recommandée par l’ACNUSA dans son
rapport 2001, n’a jamais eu lieu sur les plateformes parisiennes,
alors que ces données sont présentées régulièrement sur les aéroports de province.
L’Autorité a donc demandé en 2010 à Aéroports de Paris et à la DGAC de
lui présenter l’organisation mise en place, les modalités pratiques et
les données fournies en matière d’information sur les conditions de survol.
Un protocole d’accord entre la direction des services de la navigation
aérienne et la société Aéroports de Paris définit le mode de gestion des
plaintes et des demandes d’informations en provenance de tiers,
mais également les modalités de coopération entre le prestataire et
l’exploitant concernant aussi bien les plateformes de Paris —
Charles-de-Gaulle, Paris — Orly et Paris — Le Bourget.
Le protocole reconnaît à l’exploitant la faculté de fournir aux intéressés
les informations de nature factuelle
(type d’aéronef, trajectoire,
altitude ou hauteur de survol, référence horaire). Les demandes parviennent
à Aéroports de Paris par différents canaux (visites, appels téléphoniques,
courriers et courriels). ADP s’est engagé à respecter un délai moyen
de réponse aux sollicitations écrites d’environ 20 jours. De plus,
un Numéro Vert
(0 805 712 712) est mis à disposition pour une information
quotidienne sur le trafic et la météo.
Les demandes sont transmises à la mission environnement de la direction
des services de la navigation aérienne si un complément d’information
relatif aux dispositifs de circulation aérienne ou à leurs perspectives
d’évolution est nécessaire.
ADP utilise le dispositif de visualisation des trajectoires et du bruit VITRAIL
installé dans les maisons de l’environnement et du développement durable
de Paris — Charles-de-Gaulle et Paris — Orly. Deux fois par semaine,
des contrôleurs de la navigation aérienne se tiennent à la disposition des
riverains pour donner des explications sur les trajectoires.
Sujets communs aux plateformes parisiennes
Demandes d’information et réclamations
Un bilan du traitement de ces demandes d’information et réclamations a été présenté
à l’ACNUSA en septembre 2010 et aux participants à la réunion CCE / ACNUSA de
Paris — Charles-de-Gaulle du 7 décembre 2010.
Le nombre de demandes d’information et de réclamations est passé
de 299 en 2005 à 2 407 en 2009. Il était de 4 322 à la fin octobre 2010
et devrait approcher les 5 000 à la fin décembre. Les demandes transmises
le sont très largement par l’intermédiaire de l’association
ADVOCNAR
(93 % en 2009). À la fin octobre 2010, 4 % des demandes
ont été transmises à la DSNA.
Près de 72 % de ces 4 322 demandes proviennent du département
du Val-d’Oise et principalement des communes de Sannois,
Montmorency, Soisy-sous-Montmorency, Saint-Ouen-l’Aumône,
Deuil-la-Barre et Eaubonne. 10 % de ces demandes sont issues
du département de la Seine-Saint-Denis, 9 % du Val-de-Marne et 6 % des Yvelines.
Dans le Val-d’Oise, 181 plaignants ont été identifiés, 17 d’entre
eux représentant plus de 84 % des demandes. En Seine-Saint-Denis, sur 10 plaignants,
1 totalise à lui seul plus de 97 % des plaintes ; en Seine-et-Marne, sur 22 plaignants,
2 sont à l’origine de plus de 86 % des plaintes ; dans les Yvelines,
sur 16 plaignants, 3 représentent 96 % des plaintes.
En plus des demandes transmises par ADP qui nécessitent une réponse
spécifique sur la navigation aérienne, la DSNA répond de son côté aux
interventions de parlementaires, maires et associations. Le nombre
d’interventions traitées est passé de 233 en 2005 à 750 en 2009.
Les réclamations sont principalement liées à la fréquence des vols
et au changement de configuration.
L’ACNUSA regrette le manque actuel de lisibilité de la procédure pour
le riverain en région parisienne ainsi que l’absence d’un guichet unique.
Doublets à Paris—Charles-de-Gaulle
Dans son rapport d’activité 2009, l’Autorité demandait à
la DSNA de lui présenter à l’été 2010 un premier état de la mise
en place d’une plus grande utilisation nocturne du doublet nord
couplée avec des approches courbes sur le nord telle que proposée par
la mission Roissy. Elle souhaitait également qu’un bilan
de cette expérimentation lui soit présenté fin novembre 2010.
Les chiffres présentés lors de sa réunion plénière de
novembre 2010 révèlent que :
* le doublet sud est le plus utilisé au global
(57 % sud - 43 % nord),
soit l’équivalent de 36 800 vols annuels ou 25 jours d’écart ;
* l’écart s’accroît légèrement
(58 % sud - 42 % nord)
pendant la nuit
(22 heures - 6 heures), ce qui représente
4 800 vols annuels ou 30 nuits d’écart ;
* les chiffres s’inversent
(42 % - 58 %) pendant
le coeur de nuit
(0 h 30 - 5 heures), soit 1 370 vols
annuels ou 30 coeurs de nuit d’écart.
La DSNA a indiqué que les membres de la commission nuisances sonores mise en place
dans le cadre de la mission Roissy rencontraient des difficultés à trouver
un compromis dès lors qu’il s’agissait de détailler les mesures
envisagées. S’agissant plus particulièrement des doublets,
les hypothèses encore non stabilisées au moment de la rédaction
de ce rapport sont les suivantes :
* en face à l’ouest, conserver les atterrissages sur les deux
doublets pour ne pas entraîner de changements pour la Seine-et-Marne ;
en revanche, les décollages auraient lieu sur le doublet nord ;
* en face à l’est, les atterrissages auraient lieu sur le doublet
nord et les décollages sur les deux doublets afin de ne pas engendrer
de modifications sur la zone ouest.
La demande d’utilisation du doublet sud reste la plus forte
compte tenu de la localisation de la compagnie
Air France à proximité de ce doublet.
Un arbitrage du préfet de région sera
indispensable sur ce dossier.
Mission Roissy
À la suite du rapport de M. Jacques Dermagne, le préfet de la région Île-de-France
a mis en place une mission chargée de traduire les trente-cinq propositions dudit
rapport et pilotée par M. Jean Rebuffel. Un comité de pilotage, appelé
groupe de réflexion stratégique, et réunissant élus, associations,
acteurs socio-économiques et administrations, est chargé de traduire
concrètement les propositions du rapport Dermagne « dans un souci
de protection des riverains et du développement économique et social
d’un territoire prioritaire pour la région Île-de-France ».
Huit commissions thématiques ont été créées : maîtrise des nuisances
sonores, aides aux riverains, espaces naturels, agricoles et forestiers,
transports et déplacement, projet territorial, gestion du territoire
urbain, territorialisation de l’offre de logement et économie et logistique.
Ces commissions ont travaillé tout au long de l’année 2010 et produit des notes d’étape.
La mission a pris fin les 24 et 25 janvier 2011 avec l’organisation des rencontres du
Grand Roissy.
S’agissant plus particulièrement de la maîtrise des nuisances sonores,
le gouvernement a annoncé cinq nouvelles mesures qui concernent
les riverains de l'aéroport Paris — Charles-de-Gaulle :
l’extension des interdictions d’atterrissages et de décollages
pendant la nuit. Dès la fin 2011, les avions les plus
bruyants
(aéronefs dont la marge de bruit est inférieure
à 8EPNdB — effectif de bruit perçu en décibels —)
seront interdits entre 22 heures et 6 heures. De nouvelles
interdictions s’ajouteront à partir de 2014, toujours
sur la même plage horaire
(aéronefs dont la marge
est comprise entre 8 et 10 EPNdB);
le relèvement de 300 mètres des altitudes de vol à l’approche de la région parisienne.
Cette mesure va permettre de diminuer les nuisances sonores la journée et la nuit grâce au
recul du point de virage, qui se fera plus haut ;
un rééquilibrage du trafic entre les pistes nord et sud, celles du nord étant sous exploitées
alors que les trajectoires correspondantes sont situées principalement au-dessus
des zones agricoles ;
mise en place de descente en profil continu. Ce type de descente plus vertueux tant
au niveau du bruit que de la consommation de carburant sera mis en oeuvre dans
un premier temps pendant le coeur de la nuit, de 0 heure à 5 heures, lorsque le trafic
est plus faible. Sous réserve des conditions de sécurité associées à ces profils, la
mesure pourra ultérieurement être étendue à d’autres plages horaires ;
une nouvelle trajectoire de décollage la nuit, évitant les zones très urbanisées de
l’ouest de Roissy.
Cette mission a également permis d’aborder les questions d’aménagement
du territoire et des transports ainsi que le difficile sujet de
la conciliation des règles applicables en zone C du PEB, avec
la nécessaire évolution des secteurs urbanisés dans cette zone
Contacts utiles
Aéroports de Paris
291, Boulevard Raspail
75 675 PARIS CEDEX 14
www.aeroportsdeparis.fr
Service environnement
Vous pouvez contacter :
La Maison de l'Environnement de l'aéroport Paris-CDG
Tél :
01.48.64.63.70
Fax :
01.48.64.63.73
Numéro vert :
0 805 712 712
www.entrevoisins.org
environnement.nord@adp.fr
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