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Charte de l'association Ville et Aéroport
Les élus regroupés au sein de l'association Ville et
Aéroport, représentant la diversité
des situations géographiques comme la diversité
des opinions et des idées, considèrent qu'il
convient de réfléchir et d'agir ensemble et en
concertation avec les pouvoirs publics et les acteurs
économiques, en France et en Europe, pour concilier l'enjeu
économique et l'enjeu environnemental désormais
étroitement liés.
I)
Une élaboration concertée du développement aéroportuaire national
dans le cadre des schémas de services collectifs de transports passagers
et marchandises qui prennent enfin en compte la nécessité de concevoir le
développement durable du transport aérien en France et en Europe.
Les choix à effectuer, en particulier ceux concernant les aéroports régionaux,
doivent contribuer à définir une politique équilibrée d'aménagement durable du territoire.
II)
Une décision rapide concernant la création
d'un troisième aéroport dans le grand bassin parisien. La gestion de la saturation du trafic
sur Paris est en effet inacceptable (sécurité, environnement, retards) et
les possibilités de desserrement du trafic sur les petites plates-formes
parisiennes extrêmement limitées tant en capacité qu'en temps gagné.
Les possibilités de développement des aéroports de province qui
connaissent déjà une forte croissance du trafic et qui permettraient
le redéploiement d'une partie du trafic parisien doivent être
examinées et évaluées avec attention et avec précaution.
Il est clair que si une décision n'est pas prise rapidement,
il n'est pas impensable de voir des compagnies s'orienter
vers des plates-formes extérieures au territoire national.
III)
Un développement renforcé de l'intermodalité
et de la complémentarité air-rail à l'échelle
de l'Europe qui permettra à terme de réduire le nombre des vols sur les trajets courts et qui en
même temps n'est pas contradictoire avec la logique du hub.
IV)
La poursuite et le renforcement des mesures prises
pour maîtriser les nuisances aéronautiques sur l'ensemble des aéroports du territoire national.
L'élaboration de nouveaux indices de gêne sonore a abouti à la révision des PEB et des
PGS engagée sous le contrôle de l'ACNUSA. Le fonctionnement des Commissions Consultatives
de l'Environnement doit être amélioré notamment en région parisienne.
Par ailleurs l'association se fixe comme objectif la mise en place d'un
modèle de charte de qualité de l'environnement sonore à haut niveau
d'exigence environnementale qui devrait permettre une homogénéisation
des conditions de mise en œuvre de ces documents en vue d'une
meilleure protection des riverains.
V)
Une réglementation plus drastique des vols de nuit qui devra conduire à leur interdiction à terme.
Cette question ne pourra être réglée de façon pertinente qu'au niveau européen tant l'enjeu économique
et l'enjeu environnemental sont particulièrement contradictoires sur ce point. L'exemple récent
de Bruxelles le démontre à l'évidence. Dans un premier temps, une étude approfondie doit être réaliser
sur la possibilité d'aménager des plages de silence la nuit afin d'améliorer la vie des riverains.
VI)
La recherche par l'incitation,
voire la contrainte d'une diminution de la pollution atmosphérique
provoquée par les avions et ainsi tenir les engagements de Kyoto. Dans cette perspective, les travaux
de la Commission Européenne concernant la mise en place d'une taxation du kérosène, de redevances ces
environnementales ou de négociations de droits d'émission doivent être étudiés avec intérêt.
VII)
La relance rapide au niveau de l'UE des moyens
de diminuer les retards subis par les vols aériens qui sont également source de nuisances
supplémentaires pour les populations riveraines. Les mesures récemment prises par la DGAC
vont sans doute dans le bon sens. Une coopération plus étroite entre le contrôle
aérien civil et le contrôle aérien militaire apparaît indispensable.
Au niveau européen la mise en place d'une gestion plus collective
du ciel doit être activement recherchée dans le cadre du projet
du ciel unique.
VIII)
L'ouverture d'une concertation avec les collectivités
territoriales concernées par le statut de grands aéroports de province.
Le statut de concession au risque et péril proposé sur une durée de concession
courte n'est recevable qu'à titre transitoire. L'association des collectivités
déjà effective depuis de nombreuses années au niveau des investissements
aéroportuaires doit se concrétiser par une participation aux instances gestionnaires.
L'opportunité se fait dans le cadre de la mise en place des sociétés aéroportuaires
à capitaux publics lancée par les grands gestionnaires des aéroports.
IX)
Une meilleure répartition des retombées
économiques du développement aéroportuaire. Le dispositif des fonds de compensation
de Roissy et d'Orly a disparu suite à la suppression de la taxe professionnelle.
Il s’agit de prévoir une instance de gouvernance du territoire aéroportuaire
type « communauté aéroportuaire » compétente en matière de décision et de
concertation dans les champs suivants : environnement, urbanisme,
transports, information, etc..
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